Baxter France s'installe à Saint-Quentin-en-Yvelines

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Article mis à jour le 4 Octobre 2017

Baxter France, la filiale française du groupe américain spécialisé dans les produits pharmaceutiques, les dispositifs médicaux et les biotechnologies a choisi de s’installer à Saint-Quentin-en-Yvelines.
Les travaux de construction de l'immeuble Berlioz ont commencé en juillet 2013. La pose de la première pierre est prévue pour le mois de novembre 2013.

Baxter en chiffres

  • Siège du groupe : Deerfield, près de Chicago, dans l’Illinois, États-Unis. Implantations dans 66 pays du monde et distribution dans 100 pays.
  • 50 sites de production dans le monde dont 21 en Europe.
  • 12 centres de recherche et développement dont 3 en Europe.
  • 50 000 collaborateurs, dont 14 700 en Europe et plus de 450 en France
  • Chiffre d’affaires : environ 14 milliards de dollars dans le monde dont 4 milliards en Europe, Afrique et Moyen-Orient et 425 millions d’euros en France.

Pouvez-vous tout d’abord nous présenter le groupe Baxter ?

Fondée en 1931 par le médecin américain Don Baxter, la société déploie ses activités dans les produits pharmaceutiques, les dispositifs médicaux et les biotechnologies. Notre portefeuille de produits, très diversifié, est principalement orienté vers les pathologies graves et chroniques : maladies du sang, nutrition parentérale, anesthésie, thérapies rénales, oncologie, maladies infectieuses… Autant de domaines nécessitant un suivi régulier de la part des médecins hospitaliers.

Baxter s’intéresse à la prise en charge globale du patient. La société conçoit des produits pharmaceutiques, les développe, les fabrique, les met sur le marché… Mais à côté du produit lui-même, nous délivrons aussi des services, qui permettent aux professionnels de santé de mettre en œuvre des traitements souvent complexes assurant ainsi la meilleure efficacité dans le respect des bonnes pratiques.

Nos thérapies rénales illustrent bien cette philosophie. Aujourd’hui, Baxter est actif dans la dialyse et plus particulièrement dans la dialyse péritonéale. Les patients dialysés ont en effet le choix entre deux modalités pour être traités : l’hémodialyse (plus de 90 % des thérapies) et la dialyse péritonéale (moins de 10 %).

Même si les deux techniques sont efficaces, la dialyse péritonéale présente l’avantage d’être réalisée à domicile. De cette façon, elle améliore la qualité de vie en s’intégrant dans le quotidien du patient.

Pour cette thérapie, Baxter fournit le médicament, l’appareil pour réaliser la dialyse, mais aussi un soutien à la formation des infirmières et des professionnels de santé pour qu’au final le patient puisse réaliser son traitement en toute autonomie. Nous fournissons donc bien un « mix » global intégrant le produit pharmaceutique, le dispositif médial, le service et la formation, pour apporter une valeur ajoutée tout au long du parcours du patient.

Quelle est l’activité de Baxter France ?

Baxter France commercialise l’offre thérapeutique de Baxter. Créée en 1970, notre filiale compte aujourd’hui plus de 450 salariés repartis sur cinq sites : le siège à Maurepas, un centre de distribution dans le Grand Lyon et trois sites de production de poches de nutrition parentérale à façon à Lille, Montpellier et Strasbourg.

Quelles sont les principales spécificités de Baxter ?

Baxter a une véritable culture hospitalière et une expertise de plus de 80 ans dans des maladies graves et chroniques. Au vu des maladies que nous traitons, nous sommes très tournés vers le patient et l’amélioration de sa qualité de vie.
Un exemple très parlant est l’hémophilie. En 1980, les patients décédaient en moyenne à 40 ans des suites de cette maladie génétique. Aujourd’hui, l’espérance de vie des personnes hémophiles approche celle de la population générale grâce à l’évolution des traitements.

Depuis des décennies, Baxter s’est investi dans les biotechnologies ce qui nous a permis de développer des facteurs de coagulation recombinants, issus du génie génétique. Ces traitements ont contribué à transformer le quotidien des patients hémophiles et nous continuons à travers notre recherche à développer des traitements encore plus performants et plus faciles à administrer pour ces patients.

Une autre spécificité de Baxter est celle de rester en phase avec le développement du monde médical dont le grand défi est de soigner plus de personnes en maîtrisant les coûts. La dénutrition à l’hôpital illustre bien ce point. On constate que 50 % des seniors à l’hôpital sont mal nourris, ce qui allonge le processus de guérison et engendre des coûts supplémentaires pour la Sécurité sociale. Nous pensons que l’expertise de Baxter au service des professionnels de santé peut contribuer à une meilleure nutrition des patients à l’hôpital, ce qui permettra à la fois d’accélérer le processus de rétablissement des patients et de diminuer les coûts pour la collectivité.

Baxter dispose d’une gamme complète de produits en nutrition parentérale - une nutrition artificielle par voie intraveineuse pour les patients dans un état critique - à l’hôpital mais aussi à domicile. Les besoins de ces patients sont très différents et les apports de nutrition et d’hydratation doivent être calculés selon des paramètres individuels. Pour répondre à tous les besoins et compléter son offre, Baxter a réalisé l’acquisition en 2012 des laboratoires Fasonut, qui ont une expertise en matière de préparation de poches spécifiques pour les besoins de certains patients.

Enfin, Baxter travaille aux côtés des professionnels de santé pour développer les soins à domicile. Nous nous appuyons sur notre expérience acquise en dialyse, notre expertise en maladies chroniques et notre savoir-faire en conception et fabrication de dispositifs portables, pour assurer la continuité des traitements entre l’hôpital et le domicile.

Que représentent la recherche et l’innovation pour Baxter ? Quels sont les principaux domaines de recherche explorés par le groupe ?

Chaque jour, Baxter investit 2,5 millions de dollars en recherche et développement. Nous avons 12 centres de recherche et développement dans le monde dont trois en Europe (deux à Vienne, en Autriche, et un en Belgique).

Baxter a enregistré plusieurs premières mondiales. Nous sommes en particulier la première société à avoir inventé le rein artificiel ou à avoir lancé un facteur 8 recombinant dans l’hémophilie. Nous avons également créé la première poche de nutrition tri-compartimentée (glucides, protides, lipides).
Notre effort de recherche et développement porte en particulier sur l’amélioration du traitement des patients dans les maladies chroniques, par exemple grâce à des médicaments que l’on a besoin de prendre moins fréquemment pour le même effet ou grâce à des modes d’administration des médicaments qui permettent d’améliorer le confort de vie des patients.

En France, Baxter participe à la cohorte CKD-Rein, financée dans le cadre des Investissements d’avenir, avec l’Université Paris-Sud, Inserm Transfert et d’autres laboratoires. Pouvez-vous nous en dire plus sur l’implication de l’entreprise dans ce programme d’étude et de prévention de la maladie chronique rénale ?

Nous n’avons pas de centre de R&D en France mais nous participons avec des hôpitaux à des études cliniques en phase IV ou en phase III. La cohorte CKD-Rein (CKD pour Chronic Kidney Disease, maladie rénale chronique) réunit 3 600 patients atteints d’une insuffisance rénale chronique avancée mais non encore dialysés. Coordonnée par l’Université Paris-Sud et l’Inserm, en collaboration avec l’Agence de la biomédecine, les centres hospitalo-universitaires de Bordeaux, Lyon, Nancy et Amiens, l’Université Lyon 1, le Centre national de génotypage et Arbor Research, CKD-Rein est sponsorisé par six partenaires industriels dont Baxter. L’objectif de cette étude est d’étudier la maladie rénale chronique, ses causes, ses complications, les biomarqueurs prédictifs de son évolution et les meilleures stratégies de prise en charge. Il s’agit d’analyser des caractéristiques cliniques, mais aussi des critères socio-économiques et démographiques, qui vont influencer le choix de la thérapie avant que les patients entrent en dialyse.

Pour Baxter France, cette orientation est aussi le fruit de la nouvelle organisation mise en place depuis deux ans, avec la création d’une direction médicale. Baxter est attentif aux besoins et aux évolutions du monde extérieur et travaille en proximité avec les établissements de santé et les autorités de santé pour y faire face.

Plus généralement, nous affichons notre engagement en matière de responsabilité sociétale. À titre d’exemple, la Baxter International Foundation met des fonds à disposition des personnes défavorisées pour améliorer leur accès aux soins. À ce titre, notre fondation vient de remettre un don conséquent à l’ASP Fondatrice (Association des soins palliatifs) pour aider à la formation des bénévoles qui accompagnent les malades en fin de vie ainsi que leur famille et proches.

Comment est organisée Baxter France ? Quels sont les différents services de l’entreprise présents au siège ?

Environ 220 personnes sont présentes au siège de Baxter France. La société est organisée en trois « business units » : biosciences (hémophilie, vaccins, etc.), hôpital (anesthésie, nutrition parentérale, oncologie, colles chirurgicales, etc.) et rénal.

Nous avons aussi des équipes sur le terrain (plus de 100 personnes) : des spécialistes produits, des infirmières qui aident à la formation et à la diffusion des bonnes pratiques, mais aussi des personnes chargées du « market access ». Ces dernières ont pour but de favoriser l’accès des patients à certains traitements, comme la dialyse péritonéale à domicile, en informant les parties prenantes (professionnels de santé payeurs, assurance maladie, institutions) dont le rôle est déterminant dans le développement de cette technique.

Baxter France s’est également doté d’une équipe médicale, qui mène par exemple des études cliniques. En plus des départements transversaux (finances, RH, communication, etc.), notre service « affaires réglementaires », constitué de pharmaciens spécialisés, en contact avec les autorités, est chargé de valider toutes les actions que nous développons, y compris les formations en interne. La France est en effet le pays d’Europe le plus sévère en matière de réglementation. Nous avons aussi un département « pharmacovigilance », chargé de recueillir et de transmettre aux autorités toutes les informations reçues de la part des médecins et des patients sur l’utilisation de nos produits et de nos traitements.

Pourquoi avoir choisi de changer d’implantation pour le siège de Baxter France ?

Cela fait longtemps que nous sommes installés ici, dans ces locaux, à Maurepas. La mise en conformité du bâtiment avec les normes de Baxter aurait nécessité des travaux importants.

Quelles sont les principales raisons du choix de Saint-Quentin-en-Yvelines ?

La mission essentielle de Baxter est de sauver et de sauvegarder la vie des patients. Pour cela, nous avons besoin de réunir des collaborateurs qui partagent cette orientation patient. Cette adhésion et cet engagement des salariés de Baxter France ont d’ailleurs été reconnus par la 13e place que nous avons obtenue il y a deux ans au concours « Great place to work », sur les entreprises « où il fait bon travailler en France ». Notre priorité est donc de retenir les talents et de continuer à attirer de nouveaux talents.

Saint-Quentin-en-Yvelines représente un bon compromis pour garder nos talents dans l’entreprise (car l’agglomération est proche de nos locaux actuels de Maurepas) et pour attirer de nouveaux talents, car Saint-Quentin-en-Yvelines est bien accessible en transports en commun, notamment de Paris. De plus, l’agglomération se montre très dynamique pour attirer des entreprises et investir dans de nouveaux projets. Nous avons rencontré, autour du président Cadalbert, une équipe très engagée, avec une vision d’avenir. Et cela est aussi important pour l’attractivité de Baxter.

Quelles seront les principales caractéristiques du nouvel immeuble pour répondre aux besoins de Baxter France ?

Il s’agissait de répondre à des critères propres à Baxter : créer un environnement favorable pour nos collaborateurs et se doter d’un bâtiment de haute qualité environnementale (HQE). Nous aurons ainsi une terrasse végétale sur le toit qui filtrera l’eau utilisée pour arroser les jardins. La lumière dans les bureaux sera gérée par des détecteurs automatiques. La climatisation sera très économe en électricité. Nos collaborateurs bénéficieront également d’un restaurant, d’une salle de détente et d’une salle de convivialité propice aux rencontres informelles.

La filière santé est assez développée à Saint-Quentin-en-Yvelines. Avez-vous des relations avec certains acteurs publics ou privés implantés sur le territoire ?

Nous avons déjà quelques contacts. Nous apportons notre soutien à l’Université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) pour leur cérémonie annuelle de remise des diplômes. Nous rencontrons, lors de réunions, les industriels de la pharmacie, des biotechnologies et des dispositifs médicaux. Nous avons également aidé Gérondicap en 2010 dans le cadre du volontariat de nos salariés (une journée par an et par employé) et nous allons continuer cette année à l’occasion de la Fête de la musique. Enfin, la présence à Saint-Quentin-en-Yvelines de l’UFR des sciences de la santé de l’UVSQ nous permet d’envisager certains partenariats qui entreraient dans notre vision stratégique.