3e Journée RSE de Saint-Quentin-en-Yvelines

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Article mis à jour le 4 Octobre 2017

Pour sa 3e Journée RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), Saint-Quentin-en-Yvelines a accueilli Martin Hirsch, le 18 juin dernier, au Théâtre.
Cet événement était organisé par la Communauté d'agglomération, avec le soutien financier de Bouygues Construction, Egis, La Poste, la Sevesc, et Veolia Eau, le Conseil Général des Yvelines, le Conseil Régional d'Ile-de-France et l'ADEME.
Plus de 250 personnes ont participé à cet échange particulièrement riche sur le thème « Solidarité, entreprises, territoire ». Morceaux choisis.

Un film sur la solidarité à Saint-Quentin-en-Yvelines

Pour lancer cette matinée, la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines avait choisi de donner la parole à quatre étudiants de la chaire « social business / entreprise et pauvreté » d’HEC, co-présidée par Martin Hirsch et Muhammad Yunus (Prix Nobel de la Paix 2006). En partenariat avec TV Fil 78, ces étudiants (Charlotte Boucher, Valérie Litrico, Colombe Mandula et Philippe Albanel) ont réalisé un film sur la perception de la solidarité par les habitants et les salariés de l’agglomération, ainsi que sur diverses initiatives concrètes d’insertion et de lutte contre l’exclusion lancées par des acteurs économiques et associatifs du territoire (Club Face, Sqybus, Urban Logistique, ERDF, Envie, Jardins de Cocagne, Vélos Discount…).

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Ces futurs managers voient dans le social business « une alternative à l’unique maximisation des profits, apportant une solution à une problématique sociétale ». Il s’agit de « réconcilier business et solidarité ». Ils considèrent les actions de solidarité comme « une source de motivation pour les salariés et d’innovation pour l’entreprise ». Ils sont persuadés que « les salariés veulent donner du sens à leurs actions et (que) les entreprises ont une vraie place à prendre pour les satisfaire dans ce domaine ». Ils savent déjà que « les actions qui ont le plus d’impact sont celles qui ont été construites ensemble par les acteurs et les bénéficiaires ».

Penser global, agir local

L’un d’eux cite la fameuse phrase de René Dubos (1972) : « Penser global, agir local ». « Les entreprises doivent intégrer dans leur stratégie les problématiques sociétales et environnementales et mener des actions de solidarité au niveau local ». Une belle introduction à l’intervention de Martin Hirsch.

« Martin Hirsch, l’incarnation de la solidarité »

Comme l’a souligné Robert Cadalbert, président de la Casqy, « Martin Hirsch est l’incarnation de la solidarité ». Ancien président d’Emmaüs France, il a occupé de 2007 à 2010 le poste de Haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et celui de Haut-commissaire à la Jeunesse à partir de 2009, avant de quitter le gouvernement en 2010 et de prendre la présidence de l’Agence du service civique.

« Il faut mettre l’ensemble des acteurs sur des projets communs, affirme Martin Hirsch. Etat, collectivités, acteurs sociaux, entreprises, acteurs individuels… Chacun a des progrès à faire. Il s’agit de prendre en compte les contraintes et les intérêts de chacun dans des logiques partenariales et saines… Mais on ne peut plus continuer avec ce modèle qui ne marche pas où l’on a d’un côté les entreprises pour la création de richesse, avec des inégalités qui se creusent, et de l’autre, les acteurs publics et sociaux pour la lutte contre la pauvreté. Il faut connecter les deux : la vraie RSE doit agir sur les causes ». « C’est à l’échelle du territoire que cela se joue, souligne-t-il également. Les réseaux nationaux sont nécessaires mais pas les mieux placés pour lancer des projets concrets ».

« Zéro jeune à Pôle Emploi ? Chiche ! »
« Aujourd’hui, il y a 1 300 jeunes à Pôle emploi à Saint-Quentin-en-Yvelines », précise Robert Cadalbert, président de la Casqy. « La responsabilité sociétale, c’est aussi de faire en sorte que ces jeunes trouvent leur place. Aucun jeune à Pôle emploi : c’est un beau défi pour le territoire, un défi à relever ensemble, collectivités, entreprises, acteurs de l’emploi et de l’insertion ».

« Il ne s’agit pas de privatiser le social mais de permettre l’accès à certains services à des prix moins élevés pour les plus pauvres ». Martin Hirsch prend l’exemple de deux projets concrets menés dans le cadre de la chaire « social business » d’HEC. Le premier, avec Danone, consiste à trouver un modèle qui rende moins coûteux pour les familles modestes le lait maternisé (qui peut représenter un budget de 75 € par mois). Le second, avec Bouygues, vise à reconsidérer le modèle de construction d’un logement en raisonnant sur le coût global pour bâtir des résidences accessibles aux plus modestes. « Il faut travailler sur les deux dimensions : l’emploi / insertion et les prix d’accès aux services, conclut Martin Hirsch. La prise de conscience de la RSE des entreprises est relativement récente, mais aujourd’hui on ne fait plus seulement de l’affichage ». Un propos largement illustré par les actions menées par plusieurs entreprises de l’agglomération qui ont pu témoigner lors de deux tables rondes...

Des entreprises saint-quentinoises témoignent

  • Bouygues Construction Habitat Social travaille, en partenariat avec la chaire « social business » d’HEC, sur des projets innovants de construction de logements pour les personnes en situation de précarité résidentielle.
  • Sineo, n°1 du nettoyage des véhicules sans eau et à la main, emploie dans son réseau national 400 préparateurs en parcours d’insertion, avec un taux de remise à l’emploi de 68%.
  • Egis a obtenu le 1er Prix de la RSE Afrique pour une action de développement local au Cameroun, autour de la plantation de 1 000 arbres.
  • La Poste et sa filiale Nouvelle Attitude ont mis en place une filière territoriale de recyclage des papiers de bureaux vertueuse et profitable. En 2012, 28 emplois d’insertion ont été accompagnés, avec un taux de sortie vers l’emploi de 83%.
  • Veolia Eau développe un programme « Eau pour tous », avec des solutions personnalisées de maintien du service d’accès à l’eau et d’aide à la maîtrise de la consommation.
  • Renault a mis en place le programme de mobilité pour tous « Mobiliz », grâce au réseau « Garage Renault Solidaire », qui sélectionne des véhicules d’occasion et pratique des réparations à des prix « solidaires ».
  • Voiture & co, soutenu financièrement par Renault, a créé 13 plateformes de mobilité : chacune d’elles accompagne chaque année 1 200 personnes ayant des problèmes de mobilité pendant trois mois. Résultat : plus de 50% de maintien ou de retour à l’emploi.
  • la Sevesc est partenaire du Point Services aux Particuliers (PSP), association qui propose aux habitants des quartiers un accompagnement dans la prévention et la résolution de leurs difficultés quotidiennes, et une aide dans les démarches administratives auprès des institutions et des prestataires de services.
  • Les Ménages prévoyants, mutuelle ouverte à tous, participe activement au sein du Club Face, est acteur à ce titre du « Forum de Découverte Professionnelle » depuis 2006 et intervient au collège Courbet de Trappes ; elle a été l'une des premières entreprises à formaliser son engagement citoyen en signant la Charte Entreprise Territoire.

Signature de la charte Entreprise et Territoire

En clôture de cette matinée, huit entreprises ont signé avec l’agglomération la Charte Entreprise Territoire. Il s’agit de Ardans, Controlsys, Deltas SQY, EAV Veolia, Inexpat, Manpower, Optim PME et Sqybus. Ils rejoignent les premiers signataires de la charte.

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La Charte entreprise territoire est un outil de la RSE. Elle rend visible d’une part l’offre de services du territoire, d’autre part l’action des entreprises sur le territoire en faveur de la solidarité. Par cette charte, la Casqy et la Maison de l’emploi et de la formation créent un environnement qui permet aux entreprises de s’engager durablement.